Alfred Erbs


Le masque, le déguisement et la fête.

Point de vue psychanalytique sur l'Image de SOI et comment le masque s’intègre dans les processus qui construisent l’identité par des jeux de miroirs du cerveau…



                       A l’âge adulte, lorsqu’une femme regarde son visage dans un miroir, elle y voit l’image virtuelle de son visage. 

                     Cette image est extérieure à son visage (dans le Soi) et  pour être satisfaite de son image, elle a besoin de l'intégrer à son visage réel (dans le Moi).

                     C'est pourquoi elle a besoin de se refaire son masque en se maquillant. Ainsi, elle est elle-même.

                                                                    le miroir        

ÉVOLUTION DE l’IMAGE DE SOI CHEZ L’ENFANT.

1 La première image de soi est d'abord extérieure au corps et elle ressemble à un masque. Elle est virtuelle comme dans le miroir.

 L’image est d’abord virtuelle. Telle un masque elle concerne le visage. Cela ressemble à ce qui se passe au début de la vie : le cerveau du bébé est presque vide d’images, et encore vierge. Puis son cerveau se crée un miroir. Ainsi l'image de l'enfant est d'abord extérieure à lui, elle est d'abord virtuelle comme dans un miroir, elle est comme un masque qu'il devra intégrer pour en faire son vrai visage et construire son Moi.
Plus tard, cette image de l'enfant devient un moyen terme entre l'image du visage des proches et le sien.
* On appelle Soi cette image virtuelle de soi-même. Le Soi est une évolution du Ça et la forme préconsciente du Moi. Il y a beaucoup d’expression du Soi virtuel comme le Soi qui fait partie de l’évolution ou le Soi dans l’image masculine ou féminine de Soi, ou encore comme celui de la dépersonnalisation (dans les danses de transe), dans la schizophrénie ou souvent comme dans l’altzeimer etc.. 

2  Puis le bébé intègre l'image la tête et le visage.

Le sourire du deuxième mois. La mère en tant que miroir.  L'Idéal.

·     La première image partielle que l'enfant a de lui-même se fait lorsque vers 2 mois, il sourit à sa mère. Il voit dans le visage de sa mère ses yeux, il entend la voix de sa bouche qui parle et il ressent sa tendresse. À ce visage, il répond par un sourire. La mère ne se reflète pas seulement elle-même dans le sourire, mais elle reflète aussi les émotions de l'enfant, pas seulement son état d'âme propre mais aussi celui de l'enfant.
Ce sourire résulte de plusieurs dimensions.
a)  Il montre que l'enfant sait maintenant faire la synthèse de tous ces éléments du visage maternel et du sien en miroir. L'œil (= l'image visuelle), l'oreille (= l'image acoustique), la motricité de la bouche (la parole-communication) et le bon fond de tendresse (= la cénesthésie) font leur synthèse. L'image virtuelle du visage maternel est introjectée dans le miroir de l'enfant, l'Idéal est intégré au visage.
b) Ce sourire reflète la toute première communication en tant que réponse à la mère. D'ailleurs le bébé exprime alors un gazouillis.
c) Chaque fois qu'il ressent cette communication avec sa mère, son père ou quelqu’un de son environnement, l'enfant affiche un grand sourire parce que grâce à cet investissement, l'enfant commence à exister par lui-même, dans un Moi encore rudimentaire.
En plus du jeu de miroir, ce processus du sourire fait naître le premier vrai échange d'amour. Le visage de la mère en miroir dans l’enfant réveille la libido de l’enfant: il peut désormais s'aimer lui-même. La mère aime son bébé qui l'aime à son tour. Cet amour, cet échange de libido (= de pulsions, d'émotions) est la condition du sourire. Ce sourire montre bien que l'amour est fait d'un narcissisme, d'un Idéal qui se reflète et s'introjecte dans un corps légèrement polarisé par la cénesthésie légèrement érotique.
Ce sourire a été rendu célèbre par R. Spitz, un psychanalyste américain, sous le nom du "Sourire du troisième mois" (depuis on a découvert qu'il avait lieu un peu avant cet âge). Mais Freud l'avait déjà reconnu comme un souvenir de la toute première enfance dans le sourire de la Joconde que Léonard de Vinci avait peint en y projetant le sourire de sa première nourrice et de sa première image maternelle absente qu'il cherchait encore au fond de lui-même. 


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Le sourire de la Joconde reflète la nostalgie du sourire de la nounou de Vinci

Les sociétés suivent la même évolution que le petit enfant. Le narcissisme est d’abord extérieur puis investit la tête.

Récemment une exposition sur l’or des Incas montrait comment dans les religions astrologiques des Incas du Pérou, l’or (en temps que narcissisme primaire) représente d’abord Dieu, le dieu Soleil. Puis l’or devient une auréole puis une couronne (celle du roi soleil). Puis l’or devient un masque des yeux (comme un loup), l’oreille (boucle en or), le nez, puis un masque en or du visage complet. L’or n’a pas encore la moindre signification de monnaie, seulement celle d’un narcissisme tout puissant, celle d’une image virtuelle. Ce sera seulement quand l’or recouvrira le ventre que la notion monétaire (d’analité) apparaîtra.

Différents masques d’Idéal.

Dans ce jeu de miroir du premier sourire, ce sont les parents et l’entourage qui servent de modèle et d’Idéal à l’enfant. L’image virtuelle reflète le modèle et l’Idéal parental
que les parents ont pour leur enfant. Ainsi naît la longue lignée des masques d’Idéal (la princesse, les idoles, les stars ou toutes les belles images que l’enfant a envie de devenir un jour)…

        

         Le Bonhomme Soleil

                                                 
     le bonhomme soleil               
                        
     

Les masques
                                de Princesses et de stars sont issus du
                                bonhomme soleil.

                        


 








3  La peur du visage de l’étranger vers 6 mois et demi. Le Surmoi.

Alors que jusque-là, l’enfant répondait à tous les sourires d’un peu tout le monde, entre 6 et 8 mois tout enfant a peur des visages inconnus. Il a peur de tout étranger à son entourage habituel parce que maintenant il fait la différence entre les personnes qu'il aime et les autres.  Les expériences de terreur et d'angoisse sont causées par le sentiment d'étrangeté, c'est-à-dire par le retrait des frontières du Moi. Cette peur pour son unicité et pour son intégrité (= l'intégrisme) lorsqu'il voit un étranger, montre que l’enfant a peur de tout ce qui n’est pas lui et que l'autre n'est pas encore intégré ou investi comme un objet extérieur. Il a peur que l'autre empiète sur son Moi et sur son territoire. Pour faire la différence entre lui et les autres, il doit d'abord acquérir les limites de son Moi qui se confondent avec sa peau en tant qu'image globale…

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Ainsi naît chez l’enfant ce qu’on appelle le Surmoi  qui prendra différentes formes : la peur de Dieu (la morale), du grand méchant loup, du juge (la loi), du gendarme etc.. En réalité, ce Surmoi est d’ordre paternel et servira à structurer et organiser l’enfant positivement.

 Différents masques de peur. Différents masques de Surmoi.

Venise a par exemple des masques blancs qui à une certaine époque étaient destinés à semer la terreur. Ce sont des masques de fantômes, de doubles. Le fantôme est un mort-vivant, un revenant plus précisément une personne dont on n’a pas fait le deuil. Selon les coutumes, cette personne pourrait revenir pour se venger ou même se réincarner.

           

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 Ce masque
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 mort .
                                                       

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 L’oiseau de malheur (protège les médecins contre le mauvais sort des maladies)


                                                                     
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    En Afrique aussi certains masques sont des morts-vivants : les ancêtres viennent visiter les vivants et leur imposer leur loi. Ce sont eux qui disent ce qui est bien et qui est mal et qui disent à la société ce qu’il faut faire pour être conforme et pour pouvoir un jour les rejoindre au pays des morts (=au paradis).Il me semble que la peur des ancêtres est plus primitive que le Soi et elle est là dès la naissance Dans le Ça.




      
(protège les médecins
                              contre le mauvais sort des maladies) Le%20masqueavec%20images%20le%20bon%20texte03janv2011paysage_html_2ccab4f7.gif
                      

(protège les médecins contre le
                                mauvais sort des maladies)

 




Masque de mort-vivant grec directement moulé sur le mort.


          

  Une variété de masques de morts-vivants sont constitués par les masques de Halloween. Ils représentent des fœtus morts-nés (et autres ivg) dont la grossesse est symbolisée par la citrouille. Ces masques (d’origine Irlandaise) sont particulièrement négatifs et c’est sans doute pour cette raison que les fêtes d’Halloween n’ont pas eu de succès en France.
                                                                                                                               

(protège les
                                médecins contre le mauvais sort des
                                maladies)


4  Vers le treizième mois l’enfant apprend à n’avoir plus peur de l’image de l’étranger. Le déni maniaque.

La magie permet de faire les synthèses (entre Idéal et Surmoi).

    Le clown      


Les masques
de déni maniaque sont
des masques de moquerie
.

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Un peu plus tard, l’enfant apprend à se moquer de sa peur. Les psys appellent cela le « déni maniaque ». Il apprend en quelques sortes le sens de l’humour… Le clown résultera plus tard de ces processus : au lieu de pleurer le clown se moque de la situation et il rit. Le guignol au lieu d’avoir peur du gendarme se moque, lui aussi de la situation et il tape sur les gendarmes symbole de l’interdit. Il s’agit d’un mécanisme qui court-circuite une situation déplaisante et la remplace par une décharge de rire.

Différents masques de déni maniaque du Surmoi ou de transformation magique.

                              

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Le Loup permet de se cacher pour contourner l’interdit.
Il permet aussi de voir sans être vu!

                                      

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A Venise, les
masques
 de médecin
 protègaient contre le mauvais sort qui 
cause les maladies.


    Venise, par exemple, a des masques appelés Loup pour se mettre à l’abri du de cette peur du Surmoi de ceux qui interdisent et qui sont continuellement là à surveiller pour le compte des groupes politiques de la ville. D’une manière plus générale les loups avec des couleurs ou des verreries servent de déni maniaque à outrepasser les interdits en tous genres et surtout sexuels.
Carnaval est une fête où l’on se moque des interdits (du Père), on se moque du phallus puissant du Père. Un exemple nous est donné par Bim-Bam Premier de Nice. Le carnaval permet juste avant le carême de se moquer de toutes sortes d’interdits alimentaires (on mange les pets de nones) ou sexuels. Ce jour là toutes les orgies sont permises y compris celles du sexe… Il sert aussi à se moquer de la mort (du Christ) dont le carême est une préparation.
Les masques de fées, de sorciers ou de magiciens opèrent la même magie bonne ou mauvaise en donnant une puissance magique à l’enfant pour transformer magiquement les choses et les situations…

La sorcière de Blanche Neige dans le
                        miroir.

 La sorcière de Blanche Neige dans le miroir.

LE DEGUISEMENT.

5  Le déguisement concerne l’image virtuelle du corps entier :

 Le masque devient le déguisement : l’image virtuelle devient globale vers 18 mois.

            La manière d’intégrer une image globale ressemble au processus du sourire qui intègre le visage à cela prêt qu’il s’agit du corps tout entier.

Lorsque l’enfant sait représenter dans son cerveau l’image du corps entier, il sait voir dans son miroir l’image globale de son corps. Cette image est d’abord virtuelle et elle ressemble alors à un déguisement. Mais au début cette image est encore extérieure à l’enfant, loin de son corps et elle mettra de nombreuses années pour être intégrée au corps à l’âge adulte.
L’image (le narcissisme se joint au corps en plusieurs étapes : le cerveau, le visage, le ventre, le sexe (= les pulsions primaires, l’oralité, l’analité et la sexualité), Les images peuvent aussi faire leur chemin toute seule indépendamment des pulsions.  
Le double,
l’âme sont aussi des figurations de cette image virtuelle encore hors du corps
.

             
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Le double : Arlequin est un double projeté dans la lune. (L’astrologie et l’animisme projettent les bonnes et mauvaises émotions des vivants dans les astres ou dans la nature).

Comme les masques le déguisement peut prendre trois dimensions.

1 Les déguisements en Idéal ressemblent aux masques de l'idéal.

Vers trois ans

A partir de trois ans, c’est le vrai âge des déguisements. Ils aideront l’enfant à intégrer son image de lui-même. La petite fille par exemple se déguisera en princesse pour avoir une belle image d’elle-même et beaucoup de narcissisme. Le petit garçon se déguisera en superman pour pouvoir grandir et devenir un jour un homme puissant.

                 
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L’enfant aime se déguiser en son Idéal en l’image
qu’il voudrait un jour acquérir :
 une image de princesse ou de superman
.



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 Le Père Noël est un Père idéalisé.  Son contraire est un Père fouettard surmoi.



                                                                                                        
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Chez l’enfant le père Noël fait partie des illusions utiles jusqu’à l’âge de six ans et dix ans. Il est une illusion illusoire lorsqu’il est détaché de la réalité après ces âges-là. Le Père Noel est aussi un superman, un super père...


2 Le déguisement de peur ressemblent aux masques de peur.




L’épouvantail
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 Alien



Les dinosaures.

Les monstres.

Les dragons.

Les épouvantails


3 Le déguisement de déni maniaque ou de magie ressemblent aux masques de déni.

      
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Il ya :

Vandulf le bon magicien et son inverse,

    Le mauvais sorcier,

        La fée et la sorcière.

6  Vers six ans la Scène parentale.

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Dessin d’un enfant de six ans :

 Le feu de Bengale entre les jambes montre que la scène parentale intègre la notion de fête avant six ans comme synthèse entre l’image et les pulsions. On  voit aussi l’importance du déni maniaque dans ce dessin pour la fête. Cet enfant se moque de ses parents qui font l’amour et refoule leur acte.


Vandulf le bon magicien et son inverse le mauvais sorcier

.

      La fée et la sorcière.

 

 


 

Jusqu’à six ans l’enfant apprend à fantasmer la Scène parentale des parents qui font l’amour. C’est la forme que prend son Œdipe entre 0 et 6 ans. Il veut savoir d’où il vient et qu’il est issu de l’amour de ses parents. Il apprend ainsi à faire les premières synthèses entre ses pulsions sexuelles (encore limitées à cet âge) et son narcissisme. Ce sont ces différentes synthèses sexuelles qui ajoutent à ses images, la magie, l’enchantement, le plaisir et les érotisations nécessaires. Ces synthèses élémentaires de la sexualité pourraient être illustrées par l’exemple de simples notes de musique qui au lieu d’être des notes mécaniques deviennent une belle musique. La sublimation que l’enfant sait faire à ses six ans résulte de cette synthèse psychosexuelle.

 

Quelques exemples de Perversions des adultes issues de la scène parentale qui servent fréquemment de déguisements. 

Les acteurs utilisent positivement la scène parentale. Ils s’identifient aux parents qui font l’amour pour jouer une scène sublimée.
La porno provient du voyeurisme de la scène parentale (ex les grosses lunettes de déguisement).
Dans les Perversions sado-maso les chaines et les menottes sont les symboles du  cordon ombilical lien à la mère.
Le fétichisme utilise les culottes jarretelles ou les cheveux comme celles de la mère en tant qu’image partielle de la scène parentale.
La prostitution  permet de ne pas faire la cour aux femmes et court-circuite leur narcissisme pour obtenir une satisfaction pulsionnelle immédiate comme le fœtus.

             
        

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Ces déguisements traduisent des fantasmes de puberté : les pulsions sont encore brutes, mais la sexualité est encore neutralisée comme chez les nones et leur versant sexy de ce catalogue publicitaire de déguisement.

        

        












        

7  La puberté.
Un déguisement qui correspond par exemple à la fin de puberté autour de 14-15 ans est celui de la bonne sœur et de la put…toujours par couple d’opposés. Le noir et le rouge. Le noir est une absence de narcissisme : à la puberté, il n’y a pas encore de sexe ni de plaisir, le rouge symbolise les pulsions brutes qui envahissent les jeunes gens à la puberté.

                                              
        

Ce beau dessin d’ange-démon est aussi un fantasme d’adolescent. L’ange y est l’enfance et le démon les pulsions de la puberté.

 

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8  À l’adolescence.

    À l’adolescence, il va falloir intégrer l’image masculine et féminine pour pouvoir devenir un vrai homme ou une vraie femme. Il faudra encore intégrer l’image du Père et de la mère pour pouvoir devenir parent… Il faut encore que l’Idéal et le Surmoi disparaissent et que l’adolescent soit à lui-même son idéal et son surmoi, qu’il n’ait pas peur de faire sa vie selon son propre projet sans peur du monde extérieur, de sa famille ou de la société environnante. Tous les masques et déguisements tombent et la réalité prend le dessus… L’adolescent se  créé aussi sont image de groupe notamment par la mode.

                                         

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Les initiations (bizut) sont des processus d’identification au groupe social.
La société imprime la loi  (= le Surmoi)des ancêtres morts dans la peau (identité) des jeunes)
pour les forcer à être conformes.
A l’adolescence le passage initiatique permet d’intégrer l’identité individuelle et groupale.


        





 
La mode est une image sociale.

Elle prend des formes qui correspondent à un moment donné à une image que se donne la société. Elle peut, dans certains cas pathologiques, être une vraie tyrannie. Elle peut être noire négative, maniaque, etc., mais il est normal que les adolescents entre 11 et 14 ans aiment la mode. Ils veulent tous les même jeans, ils boivent tous le même coca-cola parce c’est l’âge où ils communient aux ados du monde entier où ils s’identifient aux jeunes du monde entier. Lorsque le Moi est assez fort la mode disparait.
L’uniforme est une image du Surmoi du groupe social. Le gendarme interdit au nom de la société.
Le festival de Cannes est une fête de l’image et un marché où l’on achète du narcissisme.
A l’age adulte.
L'âge adulte achève le narcissisme et l'Oedipe en les étendant à tout le corps.
Notons ici que le masque et le déguisement de l’enfant ne sont pas les mêmes que ceux des adultes. Les femmes qui se maquillent utilisent un processus de narcissisme d’adultes alors que le masque de princesse de la petite fille est un processus d’idéalisation de l’enfant.

COMMENT SE CREE L’IDENTITE.

Le masque et le déguisement s’inscrivent dans des processus plus globaux d’identification.

Les masques et les déguisements ont pour but de donner à l’enfant une certaine identité qu’il n’a pas encore ou qu’il n’a pas eue ou qu’il aura un jour. Ils font partie d’une synthèse et d’une évolution plus globale que l’on appelle l’identification. Cette identification permet de donner au Moi une bonne et belle image de Soi.


                                                                     

L’identité en général.

Une part héritée.

L’identité corporel et l’identité psychique (le corps et son image).

 La vraie identité est celle du corps, du Moi corporel physique telle qu’elle est inscrite dans le corps (par l’Adn) et résumée dans le cerveau. Mais il y a aussi au plus profond du Ça un noyau de l’identité psychique. Elle traduit, tel un tampon, l’image inscrite dans le Moi corporel (= le Ça)

Dès le départ une part de l’identité physique et psychique est héritée des parents, ( le fœtus est même en fusion avec le corps de sa mère), des ancêtres (d’où seront issus les morts-vivants et les monstres) et de la société. Ce sont toutes ces dimensions qui sont inscrites dans le Ça.

 Le Surmoi et l’Idéal des ancêtres, de la société et des parents sont là dès le début. On appelle Surmoi, le jeu des instincts et des peurs extérieures (les forces du mal des films) mais aussi les structures et les organisations (comme la loi par exemple). On appelle Idéal aussi bien les mauvaises illusions que les bons modèles extérieurs (les forces du bien) à intégrer. Les ancêtres ont souvent pour fonction de dicter ce qui est bien et ce qui est mal. La société veut en faire autant. Les parents servent de modèles à leurs enfants. Ils leurs donnent les bonnes limites et structures du Surmoi et les bons idéaux.

L’identité corporelle garde une certaine permanence. Le noyau de l’identité psychique est stable lui aussi. Le nom et le prénom sont des formes d’identité qui ne changent pas beaucoup à travers les âges de la vie. Le prénom donne l’identité individuelle (de Soi et de Moi). Le nom de famille comporte l’identité des lignées des ancêtres inscrite dans le Ça.

Une part acquise et évoluée.

* Mais une partie de l’identité change avec les âges de la vie. L’identité n’est pas une photo d’identité plate et unique. Il s'agit d’images vivantes et changeantes qui s'adaptent aux situations, à l'âge, etc.. L’identité n’est pas dotée d’éternité comme le rêvaient déjà les Égyptiens ni d’une éternelle jeunesse comme le souhaiteraient la plupart des personnes âgées.

*L’identité est aussi faite de plusieurs couches qui se superposent à ce noyau stable. L’identité est composée d’un certain nombre de couches comme, par exemple, ces poupées russes qui représentent souvent cinq générations matrilinéaires. Parfois, les noms de la fille, de la mère, de la grand-mère, de l’arrière-grand-mère et de l’arrière-arrière-grand-mère sont écrits sous les socles (en général cinq générations matrilinéaires).